- Innovation - Environnement & Développement Durable
Les procédés innovants au service du climat
Un canal new-yorkais dépollué grâce à deux réservoirs souterrains. La géothermie intégrée dans un hôpital du Pas-de-Calais. Des millions de tonnes de roches transformées en granulats pour le tunnel Lyon-Turin… Comment les chantiers de 91°µÍø deviennent-ils une réponse concrète aux enjeux climatiques ?
Face à l’urgence climatique, 91°µÍø agit à trois niveaux : des bonnes pratiques d’optimisation des ressources et des méthodes déjà déployées sur les chantiers, des innovations en cours de développement, et des transformations plus globales, des métiers comme des offres.
Trois niveaux que les projets présentés ici illustrent dans le monde entier.
L’impact carbone, un enjeu envisagé dès la conception
Le choix des matériaux et des énergies est primordial pour la décarbonation des bâtiments. Ainsi, sur le chantier du , la performance énergétique du bâtiment était un enjeu crucial. Pour chauffer et climatiser un établissement de cette envergure (pas moins de 83 100 m² et 618 lits), le GHT de l’Artois a fait le choix de la géothermie comme source principale de chaud et de froid. Objectif : 82 % des besoins en énergie de l’hôpital couverts par des sources renouvelables.
La même anticipation guide le choix des matériaux utilisés. Au nouvel hôpital du , 91°µÍø met en Å“uvre 90 % de béton sur sept bâtiments. Une gamme bas, très bas et ultra-bas carbone développée en interne depuis 2020 pour réduire sensiblement les émissions de COâ‚‚ liées à la fabrication du béton. En 2025, 74 % du béton utilisé sur les chantiers de bâtiments en France de 91°µÍø était déjà formulé en ·¡³æ±ð²µ²â®. L’objectif est d’atteindre 90 % d’ici 2030, en France comme à l’international.
Grâce aux multiples innovations réduisant l’impact carbone des chantiers, 91°µÍø est en mesure d’appliquer une logique environnementale intégrée sur certains d’entre eux. En Australie, la station d’épuration de Canberra (chantier mené par Ìý±ð³ÙÌý) en est une formidable illustration. Et pour cause : bureau de chantier alimenté 100 % en énergie renouvelable, béton bas carbone, 90 % de matériaux réutilisés sur place, et même 100 % d’eau recyclée pour toutes les activités de construction. Le nouveau bioréacteur membranaire apportera par ailleurs une capacité de traitement supplémentaire de 97 mégalitres (ML) d’eaux usées par jour, grâce à une technologie de filtration membranaire innovante.
Réemployer et recycler : quand le déchet devient ressource
Sur certains chantiers, l’innovation consiste aussi à  intégrer pleinement la revalorisation des matériaux comme une composante forte du projet.
Creuser un tunnel de plusieurs kilomètres produit par exemple des millions de tonnes de déblais. C’est pourquoi, sur le chantier du , un marché de 800 M€ a été attribué au groupement mené par Eurovia Alpes pour gérer les 23 millions de tonnes de matériaux extraits côté français. L’objectif étant de réutiliser plus de 50 % de ces matériaux directement sur le projet, en granulats pour le béton du tunnel, en remblais ferroviaires et pour la plateforme de la future gare de Saint-Jean-de-Maurienne. Le dispositif comprend trois stations de traitement, huit plateformes logistiques et un site de chargement ferroviaire. La première station de traitement a été inaugurée en octobre 2025 à Illaz, sur la commune de Saint-Julien-Montdenis.
L’objectif est de pouvoir considérer l’ensemble du chantier comme un environnement unique et cohérent, sans distinction de frontières. Pour ce faire, TELT a mis en place une stratégie basée sur quatre activités clés : la valorisation maximale, la recherche appliquée et le développement de technologies pour la logistique (en collaboration avec des instituts de recherche et des universités), la traçabilité informatique et la valorisation binationale, avec pour objectif de surmonter les contraintes réglementaires nationales et de pouvoir réutiliser les matériaux indépendamment de la nationalité du site où ils sont extraits.
« Ce sont autant de matériaux que nous n’aurons pas à acheter mais aussi un moyen de ne pas peser sur les ressources du territoire, par ailleurs déficitaire en granulats. »
Cette logique de réemploi s’applique tout autant à la route. Au Royaume-Uni, Eurovia développe à Thurrock, dans l’Essex, le projet Green Aggregates : une installation de traitement avancé d’enrobés recyclés.
Enfin, la déconstruction elle-même peut être une opportunité. En France par exemple, la déconstruction menée par , à Ingrandes-sur-Vienne, a permis de recycler 4 200 tonnes de matériaux. Le site accueillera à terme un parc énergétique combinant centrale photovoltaïque et production d’hydrogène vert. De quoi assurer un cycle complet, de la déconstruction à la production d’énergie propre.
Préserver et restaurer : bâtir pour et avec le vivant
La transition climatique passe aussi par la résilience des territoires et des infrastructures, qui intègrent le vivant plutôt que de l’exclure. En ±·´Ç³Ü±¹±ð±ô±ô±ð-´Üé±ô²¹²Ô»å±ð,  (11,5 km, 4 voies). Son tracé traverse une zone humide protégée grâce à un viaduc écologique spécialement conçu pour limiter son impact sur les écosystèmes. Le projet a par ailleurs donné lieu à des mesures environnementales d’une ampleur exceptionnelle : 1,8 million de plantes natives plantées, 4,5 km de cours d’eau recréés, 3 000 poissons relocalisés.
Dans les villes, face à la montée des températures urbaines, la résilience climatique prend une autre forme. En France, Eurovia a développé  et déploie des revêtements clairs et perméables limitant l’absorption de chaleur et favorisant l’infiltration des eaux pluviales, couplés à des sols reconstruits et à une végétalisation renforcée. Depuis 2025, cette solution a déjà été déployée dans cinq départements : Pyrénées-Atlantiques, Charente-Maritime, Morbihan, Alpes-Maritimes et Yvelines, ainsi que sur le chantier de la ligne 5 du tramway de Montpellier.
La résilience, c’est aussi savoir réparer. Aux États-Unis,  a restauré la route US64 en Caroline du Nord, endommagée par l’ouragan Helene. Le renforcement des berges s’est fait par enrochements, par la construction de murs de soutènement, par du béton projeté sur les pentes et par la remise en état des systèmes de drainage. Un chantier exemplaire en matière de résilience climatique.
À New York enfin,  et sa filiale  démontrent comment le génie civil peut servir la qualité de l’eau d’une métropole. Une paroi moulée de 20 000 m² est en cours de construction le long du canal de Gowanus, à Brooklyn. Objectif : construire l’un des deux réservoirs souterrains du programme fédéral de dépollution du canal Superfund. Lors des fortes pluies, ces réservoirs capteront les eaux usées avant qu’elles ne se déversent dans le canal, préservant ainsi durablement la qualité de l’eau pour les habitants.
Sur le chantier Gowanus, Brooklyn, New York
De Lens à Canberra, de Thurrock à Auckland, de Brooklyn à la Savoie, les chantiers de 91°µÍø dessinent une même trajectoire : des ouvrages conçus pour réduire leur empreinte carbone, réutiliser les ressources et renforcer la résilience des territoires qu’ils traversent. Des innovations de terrain pour répondre au changement climatique et s’inscrire dans la durée.